AESCULUS HIPPOCASTANUM (Marronnier commun)

Le marronnier commun (Aesculus hippocastanum L.) est un arbre de la famille des Hippocastanacées. Il a de nombreux autres noms communs tels que marronnier d'Inde, marronnier blanc, châtaignier de mer, marronnier faux-châtaignier ou marronniers (ou châtaignier) des chevaux.

Ses cousins nord américains sont nommés paviers. Ils ont des feuilles plus lisses et non dentelées, avec des fleurs qui rappellent celle du marronnier européen.

Le marronnier est très répandu dans les parcs publics et le long des avenues en Europe et Amérique du Nord.

Description

C'est un grand arbre d’ornement qui peut dépasser les 300 ans et mesurer jusqu'à 30 mètres. La sève, la Bogue et la graine ont une odeur très particulière et un goût un peu amer.

L'écorce : brune à légèrement rougeâtre est lisse chez le jeune arbre se fissure dans le sens de la longueur, parfois dans un mouvement hélicoïdal autour du tronc, et s'écaille en se détache par petites plaques.

Les fleurs : blanches ou roses, tachées de rouge, sont rassemblées en thyrses en forme de pyramide mais de nombreuses variantes existent.

Les feuilles caduques : sont opposées, grandes (30-50 cm), munies d'un long pétiole, palmées, à 5 ou 7 folioles dentelées.

Les bourgeons : pointus qui apparaissant en automne, sont protégés par une sorte de résine fortement collante.

Le fruit : est une capsule coriace, hérissée de pointes, qui renferme en général une seule (parfois deux) grosse graine brune, lisse et luisante, toxique, appelée marron d'Inde.

Attention ! les marrons du commerce, à griller ou utilisés en confiserie, qui sont comestibles, sont des châtaignes, fruits d’une variété de châtaignier (Castanea sativa) à fruits non cloisonnés. Ce ne sont donc pas les fruits du marronnier d'Inde.

photo 1 Marron et sa bogue  feuille photo 2 Débourrement  feuille

Distribution

Contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom vernaculaire "Marronnier d'Inde", cet arbre a pour origine le sud-est de l'Europe, avec une aire comprise entre le Caucase et les Balkans, incluant l'Albanie, le nord de la Grèce et l'Asie Mineure. Il pousse là naturellement en forêt mélangée de feuillus, à une altitude de 700 à 1200 m, sur sol plutôt acide. Mais il est probable que cette essence ait eu une aire de répartition beaucoup plus large avant la dernière période glaciaire, des pollens plus anciens ayant été trouvés, dont en France. Lors de la dernière glaciation, il aurait survécu dans des forêts humides des Balkans (Bulgarie, Albanie, Nord de la Grèce).

photo 3

Utilisation

Son bois n'est pas réputé de qualité pour la menuiserie, la charpente ou le papier. C'est comme arbre d’ornement, et moindrement d'alignement qu'il est utilisé, pour son feuillage dense, ses fleurs bien visibles, et des marrons autrefois jugés très exotiques. Arbre forestier vrai, il ne nécessite ni taille, ni entretien particulier mais il supporte des tailles parfois dures. Il rejette à partir des souches, souvent sans survivre. Il est jugé très résistant sur les sols qui lui conviennent (plutôt acide) mais il est plus sensible à la pollution urbaine et à la déshydratation que le platane.

Le marron d'Inde contient de l’amidon, des saponines (aescine) et surtout des glucosides (aesculine, fraxine), qui le rendent toxique. Il n'est donc pas recommandé de le donner à manger au bétail, bien que cela ait été fait dans le passé pour les chevaux et bovins.

Pharmacopée

On utilise depuis longtemps son écorce (riche en tanins et en flavonoïdes), ses fleurs et ses marrons pour en tirer des préparations médicinales. En Turquie, le marron réduit en poudre était réputé soigner certaines maladies pulmonaires. Le marron semble aussi avoir été utilisé pour soigner les maladies pulmonaires du cheval.

Un extrait normalisé en escine (16 % à 20 %), mais ne contenant pas d'esculine (anticoagulant toxique) est commercialisé depuis les années 60, fabriqué à partir de la graine entière, car la fleur, la feuille ou l'écorce contiennent de l'esculine. Il traite l'insuffisance veineuse et certains troubles associés (lourdeur et gonflement des jambes, démangeaisons, varices, phlébite, certaines ecchymoses, hémorroïdes (au XVIIIe siècle, les Français produisaient un extrait anti-hémorroïdaire). Une étude faite sur des rats laisse penser que l’extrait normalisé de marronnier d’Inde aurait un effet hypoglycémiant qui pourrait contribuer à traiter le diabète. Certains extraits ont une activité vitaminique P, anti-hémorragique, qui les ont fait utiliser dans des préparations destinées à faciliter la circulation sanguine.

Galerie Photos

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Eclosion du bourgeon
apical d' un jeune
Aesculus hippocastanum
feuille photo 5

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Sommaire

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Lexique
"Aesculus hippocastanum"

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